Taubira et le FN

Image de Une par Ulystrations.

L’insulte est souvent l’argument final de celui qui n’a plus rien à dire. Si tant-est qu’il aie jamais eu à dire quelque chose. Aujourd’hui, on va parler du FN, alors ouvrez bien grand vos esgourdes.

N.B : cet article est une adaptation d’un exposé rédigé dans le cadre de mes études : il a pour thème “Le débat dans les médias sur les attaques et les moqueries proférées à l’encontre de Christiane Taubira par des membres du FN” et fût présentée en cours de “SI22 – Signes et contenus numériques”. Il a été écrit en 2015, et certaines informations peuvent être périmées : notamment Christiane Taubira a quitté son poste de garde des sceaux le 27 janvier 2016.

N.B 2 : Je ne cautionne en aucune manière les propos racistes et xénophobes qui seront reportés dans cet article à titre explicatif uniquement.

“C’est une sauvage !” scandait Anne-Sophie Leclere au micro d’Envoyé Spécial en 2013, à propos de Christiane Taubira. J’avais très envie de commencer par cette vidéo car elle est très représentative des attaques proférées depuis plusieurs mois contre la Garde des Sceaux par le FN et l’extrême droite, mais aussi parfois par la droite républicaine. À l’époque, Mme Leclere répondait à la polémique de la comparaison de Taubira avec un singe (c.f ci dessous), mais ce n’était ni la première ni la dernière d’une longue série d’insultes. Je vais tenter dans cet article de revenir sur les différents points de ce qu’on pourrait appeler l’Affaire Taubira : d’où ça vient ces propos rances ? Comment se fait-il qu’en 2015, ce genre de propos puisse encore exister ? En vérité, pourquoi la persistance de ces discours parvient-t-elle encore à étonner ? C’est ce que nous allons voir, en essayant de remonter le fil de l’Histoire.

Taubira comparée à un singe
Ce photomontage a beaucoup circulé sur les réseaux d’extrême-droite.

Retour sur l’affaire Taubira

Qui est Christiane Taubira ?

Christiane Taubira est née le 2 février 1952 à Cayenne, en Guyane. Issue d’une fratrie de 5 enfants, elle a grandi dans une famille monoparentale assez modeste. Par la suite diplômée en Sciences économiques, en sociologie et en ethnologie afro-américaine, c’est une ancienne indépendantiste et membre du parti Guyanais Walwari. Elle est depuis le 16 mai 2012 ministre de la Justice.

Christiane Taubira
L’actuelle Garde des Sceaux au moment de la rédaction de cet article.

Elle est à l’origine de deux lois qui vont être très importantes pour bien comprendre la suite. La première est la loi du 21 mai 2001 qui a permis de faire reconnaitre la traite négrière et l’esclavage comme crime contre l’Humanité. La seconde est la plus récente, et je pense que vous la connaissez tous puisqu’il s’agit de la loi du 17 mai 2013 qui a ouvert le mariage civil aux couples de même sexe.

D’où proviennent les attaques ?

Bien sûr, comme vous l’aurez deviné en lisant le titre volontiers aguicheur de l’article, les attaques proviennent pour la plupart de l’extrême droite française, comme le groupuscule Bloc Identitaire (qui aiment à se fendre de tribunes dans ce genre) mais aussi le FN, le fameux premier parti de France dont la dirigeante Marine Le Pen est considérée par le magazine américain Time comme l’une des femmes les plus influentes au monde, au côté de gens tout aussi respectables comme Vladimir Poutine ou Kim Jong Un (ceci n’est pas une plaisanterie). On retrouve aussi des attaques du côté de la droite dite républicaine, avec par exemple le cas d’Isabelle Guinot, élue municipale, qui avait sur Facebook invité Taubira à “repartir là bas (en Guyane), elle qui a toujours détesté la France.”

Une de minute “maligne comme un singe”
Une de minute à propos de Taubira

Les attaques émanent et/ou sont relayées par les médias, pas seulement d’extrême droite, qui expriment une parole raciste décomplexée sous couvert de défendre des valeurs sacrées comme la laïcité ou les valeurs républicaines. Vous venez de voir une Une de Minute, journal de l’ultra droite particulièrement réputé pour la finesse de ses couvertures, qui ne sont pas sans rappeler celles des tabloïds britanniques comme The Sun.

Une minute homophobe
Une de minute à propos du mariage pour tous.

Cette autre Une était particulièrement à propos après le vote de la loi sur le mariage pour tous, qui avait réveillé la haine d’une partie de la population française. Internet aussi permet grâce à un pseudo-anonymat une parole raciste très libérée. J’ai personnellement l’immense chance d’avoir eu dans mes ex-amis deux frontistes dont les mots sur Twitter lors de mes échanges avec eux se résument à “on va la brûler cette connasse”, ou “le singe mdrrr”. Je n’ai malheureusement plus les tweets sous la main (posts effacés, courageux mais pas téméraires, etc.), mais ça valait le détour.

Dans le registre du racisme décomplexé, les élu·e·s politiques ne sont pas en reste, et la spontanéité des réseaux sociaux amènent bien souvent à des aveux de leur part, souvent supprimés rapidement car équivalents à se tirer une balle dans le pied en terme de crédibilité politique. C’est ce que beaucoup de médias appellent des “dérapages”, terme qui revient à excuser le racisme en le faisant passer pour une simple erreur de communication sans arrière-pensée de fond. Ci-dessous, petit florilège.

FN_lol1
Rhétorique du « ils nous volent notre argent. »
Parce que la bible en revanche est un livre qui prône la paix et l'amour du prochain, c'est bien connu...
Combo journalope+islamoterrorisme.
Islam et femme
Car bien évidemment, en France en 2015, plus personne n’est sexiste, sauf les musulmans !
pute à PD Najatvb
Je vous présente Jean Marc Buccafurri, qui a été candidat aux municipales.

Arguments de ses détracteurs

Il existe plusieurs types d’arguments utilisés par les détracteurs de la garde des sceaux. Les premiers sont des arguments politiques. Je ne donnerai pas mon opinion personnelle sur ce type d’argument, mais il convient de les présenter. Tout d’abord on l’a accusé de laxisme : en effet une enquête Odaxa révèle que 73% des sondé·e·s la considèrent comme “pas assez sévère.” De plus, sa réforme pénale visant à désengorger les prisons et favoriser les réinsertions est perçue comme “pro-criminels”, si bien qu’à chaque incident plus ou moins majeur en France il s’en trouvera toujours un·e pour accuser Mme Taubira de laxisme. Lors des attentats du 7 janvier j’avais à ce titre vu passer une quantité non négligeable de propos islamophobes sur Internet, accompagnés du hashtag #taubiraDémission, petit frère non moins intelligent du fameux #hollandeDégage.

EDIT 2016 : Histoire d’en finir une bonne fois pour toutes avec le prétendu laxisme de la justice française, je vous propose le visionnage de cet épisode de #DATAGUEULE sur le sujet.
Taubira et laxisme
“C’est pas grave ! Y a plus grave je pense.” Un frontiste lors du défilé du FN du 1er mai, à propos de la fraude fiscale de Jean-Marie Le Pen.

Une autre critique courante et non des moindres est… Le racisme. Si si. On accuse fréquemment Christiane Taubira de “racisme anti-blanc” (nous allons revenir sur cette notion), entres autres.

Jeunesses identitaires racisme anti blanc
Les blancs, éternelles victimes du racisme (non) !

Une dernière critique notable est liée directement à la loi sur le mariage pour tous, et émane notamment d’une frange chrétienne et conservatrice de la droite (Christine Boutin et le PCD entres autres), qui l’accuse de soutenir le fameux “lobby LGBT.” Les fantasmes sur la “théorie du genre” sont ensuite arrivés, alimentés par le projet de lutte contre le sexisme dans les écoles lancé par Najat Vallaud-Belkacem, autre femme politique victime du racisme.

Djendeur
J’aurais teeellement de choses à dire sur le sujet. Un jour peut-être. Ce n’est pas le sujet du jour.

Un petit point, les images que je viens d’utiliser pour illustrer proviennent directement d’Internet, et illustrent bien l’importance des images et du visuel dans les batailles idéologiques.

Un dernier argument, moins politique et plus idéologique, est ce que Pascal Blanchard appelle la triple illégitimité. En effet, Taubira en tant que femme, ultra-marine, et noire, symbolise tout ce que déteste une extrême droite tantôt sexiste, tantôt xénophobe, tantôt raciste. De plus c’est une personnalité forte et intelligente mais qui répond rarement aux attaques dont elle est l’objet, si bien que dès l’instant où elle y prête attention, la fachosphère s’excite la globule avec véhémence sur sa déclaration. Récemment interrogée sur le plateau de i-Télé à propos de ce que lui inspirait Marine Le Pen, la ministre de la Justice avait répondu avec malice “c’est qui, ça ?”, provoquant une vague de réactions très violentes.

Fachosphère in a nutshell
En même temps, la fachosphère… Enfin, comment le dire poliment.

Comparaison de photos d’articles

Les médias jouent un rôle important dans la bataille des idées. Pour illustrer ce propos, faisons une petite analyse sémiologique de comptoir pour comparer deux photos illustrant deux articles aux points de vue diamétralement opposés à propos de Christiane Taubira.

photo de bvoltaire.fr
Boulevard Voltaire
article de l'Humanité
l’Humanité

 

 

 

 

 

 

 

À gauche nous avons l’illustration utilisée sur Facebook pour relayer un article à charge contre la garde des sceaux, article diffusé sur Boulevard voltaire, un média en ligne réputé pour ses positions classées à l’extrême-droite, naviguant dans la nébuleuse des sites de « ré-information » (il est à noter que Robert Ménard a cofondé Boulevard Voltaire). À droite un article de l’Humanité, journal très à gauche (fondé par Jean Jaurès).

La première image est un gros plan de son visage pris en contre-plongée dans une pose peu flatteuse : la composition générale ridiculise la ministre de la justice dans une photo prise vraisemblablement à son insu (regard très déporté, stylo en bouche). Le cadre est légèrement tordu, accentuant l’effet “pris sur le vif” de la photo.

La seconde image en revanche est un plan taille, au cadre droit, montrant la garde des sceaux en discours à l’Assemblée Nationale. La photo laisse voir son habillement, sobre et pro. Le regard est déterminé et les mains jointes tendus vers le regard laissent comprendre qu’elle s’adresse à la foule (si tant est qu’il y ait eu foule à l’hémicycle ce jour là, ce dont on peut raisonnablement douter). La photo ne donne plus l’impression d’être “volée” mais au contraire est étudiée et a été choisie pour appuyer le charisme de la garde des sceaux.

J’aurais pu aussi parler des unes de Valeurs Actuelles, journal de la droite conservatrice, ou même des unes islamophobes récurrentes de Le Point (“cet islam sans gêne”, “le spectre islamique”, “l’occident face à l’orient”), que je vous laisse chercher sur Internet. Ces dernières résument une certaine vision qu’a l’occident des populations immigrées, et par le passé colonisées… Ce qui nous amène à notre seconde partie.

Néo-colonialisme et conflictualités post-coloniales

Extrait du clip de Kery James
Kery James, Lettre à la République

Pour comprendre comment et pourquoi depuis quelques années la verve raciste, islamophobe et xénophobe se répand en France, pourquoi penser ainsi n’est plus un tabou, il va falloir remonter dans le temps. Christiane Taubira n’est qu’un exemple parmi tant d’autres de cette manifestation croissante d’une certaine vision de la France, une France à une seule identité, une France dont la civilisation serait supérieure aux “sauvages”, “ignares”, qui émigrent en France. Des immigrés qui viennent en bonne partie, et c’est important de le préciser, d’anciennes colonies françaises. Car en effet, la France est un empire colonial, et ce statut, cette histoire honteuse et pesante a eu des répercutions importantes sur notre pays. Pour en parler, basons nous sur les travaux de Pascal Blanchard dans le texte “Colonisation : Commémoration et mémoriaux. Conflictualité sociale et politique d’un enjeu mémoriel in Achille Mbembe et al., Ruptures postcoloniales.

Achille Mbembe

Achille Mbembe
Achille Mbembe

Il me semble important de revenir en premier lieu sur l’auteur du livre dont est extrait ce texte. Achille Mbembe est un philosophe et intellectuel, théoricien du post-colonialisme. Actuel membre du WISER (Wits Institute for Social and Economic Research de l’University of the Witwatersrand à Johannesburg en Afrique du Sud), ses recherches sont principalement axées sur l’histoire africaine, les sciences politiques et les sciences humaines. Il a de particulier sa critique acerbe du pouvoir colonial, mais une vision plus nuancée de l’Afrique que celle d’un continent vivant dans le manque et le déficit. Cette manière de considérer l’orient est à rapprocher de l’orientalisme, un regard à la fois fantasmé et biaisé que l’occident porte sur les populations d’Afrique du nord et particulièrement du proche et du moyen-orient.

Dans une version plus moderne, cet aspect du racisme est teinté d’un universalisme abusif et surtout d’ethnocentrisme : la vision occidentale postule que sa civilisation est supérieure à celle des peuples colonisés, qui ne sont pas civilisés (par contraste), et connaissent le manque, et l’ignorance au travers par exemple de l’Islam, perçue comme religion de haine. Ce sont ces raisons qui ont justifié au début de l’expansion coloniale d’envahir, piller des peuples, au nom de “l’ouvrage colonial” et d’une certaine vision de la civilisation. Selon Mbembe, si aujourd’hui la France a du mal avec son passé (nous allons y revenir), c’est parce que les mécanismes mentaux qui ont justifié cette colonisation n’ont pas disparu. Aujourd’hui encore nous méprisons des peuples entiers.

Pascal Blanchard

Pascal Blanchard
Pascal Blanchard

Le texte en question a été écrit par Pascal Blanchard. Il est historien, chercheur associé au CNRS et ancien co-directeur du groupe de recherche Achac Colonisation, immigration et postcolonialisme. C’est un spécialiste du passé colonial de la France et des enjeux liés au post-colonialisme et à l’immigration. “On n’a toujours pas décolonisé les imaginaires” a-t-il déclaré, en écho aux propos de Mbembe.

Comment les enjeux mémoriaux de la colonisation révèlent une France fracturée

Ce texte aborde l’aspect des commémorations post-coloniales en France. Le pays, depuis Giscard, a mené des efforts pour organiser des mémoriaux non plus seulement à la mémoire des morts pour la France, mais aussi des morts à cause de la France. L’auteur du texte illustre ce fait avec la reconnaissance de la participation active de la France (son administration, et même la société civile) à la déportation des juifs (et par la suite celle des homosexuels et des tziganes) par le jusqu’à alors qualifié d’illégitime régime de Vichy. Cependant, cet ouverture à une lecture de l’histoire moins unilatérale, plus plurielle des faits passés ne s’est pas faite pour l’ère coloniale. Ou tout du moins, comme l’expose en détail Pascal Blanchard dans la suite du texte, l’espace médiatique et mémoriel a été monopolisé par le nostalgisme de l’ère coloniale, jusque dans les sphères politiques, alors même que notre époque commence à interroger l’histoire coloniale.

Et pourtant, dès 1980 émergeait la notion de victime de la colonisation. Cependant, par la suite, on a observé un retournement du vocabulaire : le colonisé passe au second plan, derrière le “rapatrié”. Ce retournement est à la base de la notion de racisme anti-blanc. Dès lors, et tout au long du texte, on comprend que critiquer, remettre en question le temps béni des colonies c’est dénigrer la France et sa grandeur. Remettre en question la mission civilisatrice de la colonisation c’est insulter l’œuvre d’hommes et de femmes qui ont travaillé à l’œuvre coloniale, c’est faire de la “repentance” pour citer Sarkozy dans un discours à Toulon en 2007. Cette lecture verticale et sans contraste de l’histoire, non seulement prive de parole les principales victimes de la colonisation (les colonisés), mais aussi contribue à renforcer le malaise entre les différentes ethnies qui peuplent notre pays, dont beaucoup sont des descendantes de ces peuples colonisés.

Monument à l'Algérie Française
Un monument commémorant la présence française en Algérie.

Cette idéologie néo-colonialiste ambiante a été largement soutenue par le pouvoir qui oscilla entre l’immobilisme et le réel nostalgisme. Avec le martelage des médias et de quelques auteurs, la glorification de la colonisation semble s’être imposée dans les esprits, et devient le discours ambiant dominant (à des échelles locales certes on a pu observer des œuvres mémorielles plus critiques). Les monuments, les musées sur la colonisation, adoptent cette vision, soutenus par les associations de rapatriés, mais aussi par les élus locaux et nationaux. La guerre d’Algérie se retrouve bien souvent d’ailleurs au centre du débat. Le but de ces mémoriaux est clair : mettre sous le tapis des moments peu glorieux du passé trouble de la France. Comme dit un peu plus haut, Sarkozy s’est largement joué de ce discours, dansant entre « de quel droit jugez vous [ceux qui ont travaillé à l’œuvre coloniale] », autrement dit arrêtez de jouer de la culpabilité et de la repentance, et une « condamnation solennelle et sans langue de bois de la colonisation » (sic). Ce double discours illustre à quel point l’histoire est manipulée et déformée par la parole politique au gré des besoins et des contextes.

Ce débat n’est sans doute pas encore fini : comme l’affirment Achille Mbembe et Pascal Blanchard, la France vit mal son passé colonial car elle reste encore à être elle même décolonisée des pensées colonialistes. Mais désormais le débat a pris de la visibilité, et sa simple présence témoigne d’un désir de réviser l’histoire officielle. Car “Croire à l’histoire officielle, c’est croire des criminels sur parole” disait Henri Guillemin, car l’Historien doit avoir pour devoir d’exposer la pluralité et la complexité d’un passé aux multiples facettes, sans passer sous silence ce qui peut le gêner (ce que fait l’histoire officielle).

L’escalade de la haine et enjeux futurs

Malheureusement, dans le contexte actuel, de nouvelles peurs, héritées en partie de ce passé, émergent. Déjà depuis quelques années on observe une montée de l’islamophobie et du fantasme du grand remplacement, qui stipule que nous serions envahis par des immigrés qui vont remplacer notre civilisation par la leur, sous entendue, comme nous venons de le voir, moins développée, barbare, obscurantiste même… Quand vinrent les attentas du 7 janvier, et malgré l’appel à l’unité, ces tensions ont atteint leur paroxysme. Les actes islamophobes depuis début 2015 sont dores et déjà en nombre supérieur par rapport à toute l’année précédente. Signes d’un pays fracturé par le malaise identitaire, il serait temps de commencer à s’interroger sur notre passé et notre présent.

Islamophobie
L’appel à l’unité dans les faits

Il serait temps de cesser de croire que la civilisation occidentale est la seule capable d’introspection tout en maintenant un regard aveugle sur nos actes.

Pour conclure

Bannière MCC sur Elysabeth Levy
Mes chers contemporains – La polémiste : Elysabeth Levy – Usul

Avant de vous lâcher, j’aimerais vous rediriger vers deux références. La première est une longue vidéo d’Usul, vidéaste que vous connaissez sans doute. Il fait une série de chroniques nommée Mes Chers Contemporains, et celle-ci, à travers l’étude du personnage d’Elysabeth Lévy, attaque la question du racisme en France sous d’autres angles d’attaque extrêmement pertinents, notamment l’anti-racisme des années 80. C’est bien écrit, bien réalisé, je vous recommande chaudement de la regarder.

Autre référence, je ne peux que vous conseiller d’écouter Kery James (qui apparait d’ailleurs dans la vidéo d’Usul, ce qui me fait vraiment plaisir), un rappeur que j’apprécie beaucoup, guadeloupéen et musulman, qui a dans sa chanson Lettre à la république dressé un portrait sombre et sans détour de ce qu’il appelle La France des rancœurs.

Enfin, retenons une phrase de Serge Barcellini : “Un monument est à la fois un outil mémoriel au service de ceux qui l’utilisent, mais aussi un reflet de l’idéologie dominante.” La dominance des mémoriaux nostalgiques et anti-repentance sur le terrain est un reflet du climat actuel en France et du problème que nourrit ce pays avec son passé colonial odieux. Les propos dont fût victime Taubira, ce racisme moderne, n’est plus l’apanage de l’ultra-droite, et se retrouve
aujourd’hui sur Internet, dans les médias et dans la bouche de nombreux
politiques, sous des formes très différentes. À l’heure actuelle les tensions
en France sont élevées, et l’avenir semble très incertain avec la montée du
Front National dans les sondages et les crispations identitaires.

Publié par

dolfinsbizou

Étudiant ingénieur à l'Université de Technologie de Compiègne.

3 réflexions au sujet de « Taubira et le FN »

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